Dieu existe, ils l'ont rencontré !

Michel Delpech

27 août 2013

Marc

  Michel Delpech connut le succès dès ses débuts, à l'âge de dix-sept ans. Ses refrains -"Pour un flirt", "Wight is Wight", "Les divorcés" étaient sur toutes les lèvres et il était au sommet de sa gloire quand, soudain, tout a basculé... Epuisée par les excès, anéantie par l'échec de son mariage, l'idole s'est écroulée et a laissé la place à un homme détruit qui - pendant près de sept ans - n'arrivera plus à vivre ni à chanter. Refusant le suicide, il essaie tout : les cures de sommeil, les voyages en Inde, les retraites monacales... Il consulte des psychiatres, des voyantes, des marabouts. Mais seule la foi en  l'amour de Geneviève - devenue depuis sa femme - lui permettra de se reconstruire et de retrouver foi en la vie et en Dieu..

« Mon but n’est pas de faire dans le pathos mais de livrer une part de mon existence qui est loin derrière moi. » Attablé dans un café du Ve arrondissement de Paris, Michel Delpech, 65 ans, parle de cette période sombre de son histoire avec détachement. Une descente aux enfers qu’il retrace dans son autobiographie, La jeunesse passe trop lentement.
Le chanteur a à peine 30 ans quand sa vie bascule. Adulé par le public, il caracole alors en tête des hit-parades grâce à sa chanson Les Divorcés. Soudain, c’est le trou noir. Michel Delpech perd les pédales et sombre dans une profonde dépression dont il mettra près de trente ans à se relever. « Aujourd’hui encore, j’ai du mal à m’expliquer ce qui s’est réellement passé, explique-t-il. Tout s’est déglingué en moi, j’ai perdu pied. Peut-être parce que je n’étais pas en accord avec moi-même. Le succès est arrivé très vite, je n’étais prêt à affronter aucun obstacle. » «Mes parents m'avaient inculqué des principes de vie saine et d'honnêteté. Je ne sais pas si ces valeurs s'appliquent au show-business. La folie, l'argent, les filles, tout ce que m'offrait la célébrité, j'en ai archiprofité mais, à un moment donné, je ne pouvais plus m'identifier à mon rôle."Pour remonter la pente, le chanteur cède à tous les excès, l’alcool, la drogue et fait même appel à des sciences occultes. « J’ai consulté des voyantes, des marabouts et des exorcistes. Dans ces moments-là, on se raccroche à tout ce qui est possible. » Ses journées, Michel Delpech les passe à cogiter. « En apparence, on pouvait penser que j’avais une vie normale. Je voyais mes amis, je riais avec eux. Et puis, d’un coup, je restais enfermé chez moi à dormir pendant trois jours. » Face au public qui le suit fidèlement depuis son succès Chez Laurette, le chanteur tente de faire illusion. Mais il se rend vite compte que c’est impossible. « J’ai fini par refuser toutes les télévisions que l’on me proposait. Je savais que ça ne pourrait avoir que des conséquences négatives sur ma carrière. »
« J’étais comme mort »
Une carrière qu’il finit par mettre entre parenthèses. « J’ai perdu toute l’inspiration que j’avais en moi. J’étais comme mort, je ressemblais à un canard auquel on a coupé le cou et qui continue de courir. » Plusieurs fois, il songe à se suicider. « J’ai toujours pensé que j’étais détruit mais pas vaincu. Je ne voulais pas lâcher prise. Je me contentais de la moindre victoire. J’ai entamé une longue marche. »
Dans son combat, Michel Delpech peut compter sur le soutien de Geneviève, une fan de la première heure qu’il recroise en 1983 et épouse en 1985. « Je n’étais pas un cadeau et elle m’a supporté. C’est une héroïne. Il faut sacrément aimer une personne pour avoir une telle abnégation. Elle m’a aidé à puiser dans mes ressources. » Michel Delpech reprend progressivement goût à la vie et retrouve la foi en Jésus Christ.. Et recommence à écrire. « Ça a été un travail de longue haleine. » S’il a perdu l’insouciance de ses débuts, il gagne en maturité. Le milieu le boude ? Qu’importe. Le public, lui, est toujours fidèle au rendez-vous. Il peut aussi compter sur le soutien de la jeune génération, à l’image de Bénabar, qui l’invite sur scène, en 2004, à l’un de ses concerts. C’est au prix du travail qu’il renoue finalement avec la gloire deux ans plus tard, en sortant un album qui reprend tous ses anciens tubes en duo. S’il souhaite aujourd’hui regarder droit devant lui, Michel Delpech estime que cette période noire l’a construit. « Je ne sais pas dans quel état je serais si l’on me disait que j’allais mourir demain, mais je suis plus serein. Je crois en une vie après la mort. Aujourd’hui, je vis au jour le jour. » Et d’ajouter : « Je continuerai de monter sur scène tant que le public me le demandera. Je m’arrêterai le jour où ça ne sera plus le cas. »
Pour raconter son histoire, il écrit un livre : l'homme qui avait bâti sa maison sur le sable, paru chez Robert Laffont en 1993, allusion directe à la parabole de Jésus dans l'évangile.

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Mots clés : show bizz, michel Delpech, chanteur, année 60, chez laurette